2000

Après 6 générations de Dubourdieu, le chantier se retrouvait sans successeur. L'aventure aurait pu s'arrêter là. Mais laisser mourir un tel savoir-faire était inconcevable. C'eût été mettre en péril la survie d'un patrimoine, d'un métier, d'une race à part de bateaux. Emmanuel et Béatrice Martin, 65 ans à eux deux, ont relevé le défi et racheté le chantier en septembre 2000. Voir la vidéo

Désormais "Dubourdieu 1800", l'entreprise se modernise et internationalise ses ventes, portée par le phénomène d'engouement pour les bateaux de caractère, mis au goût du jour par les Italiens, et pourtant fabriqués depuis plus de 200 ans à Gujan-Mestras!

Oenologue de formation, titulaire d'un Master de Gestion, bilingue, Emmanuel Martin est un enfant du pays. Né et élevé sur le Bassin d'Arcachon, il a goûté très tôt aux plaisirs de la navigation, pratiquant le Windsurf en compétition de haut niveau. Passionné de voitures anciennes, la restauration automobile occupa ses loisirs au point qu'il envisagea un temps de s'y consacrer à part entière. Toutefois, ses débuts en oenologie le conduisirent à gérer des propriétés viticoles pour le compte d'un grand groupe financier, où il pratiquait, avec brio, le mariage délicat des tours de mains ancestraux avec les technologies d'avant garde. L'élevage d'un grand cru requiert en effet les mêmes exigences que la construction d'un bon navire: tenir compte des contraintes de la nature et les sublimer de la main de l'homme. L'envie d'être maître de son destin, la passion pour la belle ouvrage et peut-être la nostalgie de I 'extraordinaire qualité de vie de ce coin d'océan enchâssé dans ses dunes blondes eurent raison de la vie rangée de ce jeune cadre supérieur.

Béatrice, sa femme, partageait son temps entre la direction d'une agence de voyages spécialisée dans la conception sur mesure de voyages haut de gamme et l'éducation de deux jeunes enfants. Sportive accomplie, et meneuse d'équipe, elle avait envie de concevoir du sur-mesure tout aussi prestigieux mais plus tangible. Leur parcours a donc croisé celui de Jean-Pierre Dubourdieu qui cédait son affaire à plus de 70 ans, et leurs expériences conjuguées de la gestion, de la création et de la technologie a convaincu ce dernier: les pinasses ne mourront pas, elles vont connaître une nouvelle vie.